—Eh bien, alors c'est parfait. Mais je veux vous donner encore un autre conseil. Cette entrevue peut avoir des conséquences graves, Vous devez tâcher de produire une impression favorable sur Clémence et sur ses nobles parents. Quoi qu'on on dise, c'est d'après son plumage qu'on juge l'oiseau. Apportez le plus grand soin à votre toilette, et n'épargnez pas l'argent.

—Mais, mon père, répondit Herman, j'ai ma toilette noire de cérémonie toute neuve, je n'ai pas besoin d'autre chose.

—Vous ferez du moins friser vos cheveux?

—Naturellement, mon père.

—Il y a quelques mois, Herman, j'ai remarqué au doigt du baron d'Alterre un diamant qui brillait et jetait des étincelles comme un charbon ardent. J'ai acheté une bague comme celle-là. Elle est un peu grande pour votre doigt, mais vous irez chez le bijoutier, et la ferez rétrécir. Ce diamant attirera tous les regards.

—Vous voulez, mon père, que je mette cette bague?

—Oui, elle attestera notre richesse.

—En cela il faut pourtant que je résiste à votre désir, mon père. Que des personnes âgées portent de pareils joyaux, c'est peut-être une habitude dans la haute noblesse. Mais ce que je sais fort bien, c'est que cela ne sied pas aux jeunes gens. D'ailleurs, si mademoiselle Clémence et les autres attendent après cela pour me témoigner de la sympathie ou de l'estime…

—Cela suffit: assez là-dessus; je porterai moi-même la bague à mon doigt, ça fait qu'on la verra tout de même… Dites donc, Herman, si nous attelions nos quatre chevaux à la voiture, cela ferait joliment de l'effet là-bas!

—Mais, mon père, les nobles convives de M. le baron ne viendront qu'avec deux chevaux tout ou plus. Le luxe de notre train les blesserait profondément.