—Eh bien, quel mal y aurait-il là-dedans?
—Ce n'est pas le moyen de se faire accueillir favorablement, mon père.
—En effet, vous avez peut-être raison. Je renonce à mon idée. Ce n'est pas pour moi que je veux convaincre tout le monde de notre richesse. Au fond, je me moque pas mal de ce que les gens pensent de moi; mais c'est pour vous, mon cher Herman, pour votre bonheur… Pour finir, encore une recommandation. Le baron me fait comprendre chaque fois que son fils Alfred n'est pas très porté pour votre mariage. Pourquoi n'essayez-vous pas de vaincre cette résistance? Voici le soir: allez au Club, vous y trouverez Alfred, car les membres se réunissent aujourd'hui pour délibérer sur les courses de chevaux de cet été.
—Je n'en ai pas grande envie, mon père.
—Pourquoi?
—Parce que M. Alfred, depuis que son père lui a parlé de mon mariage, est visiblement embarrassé en ma présence, et qu'il m'évite.
—Bah! bah! c'est probablement une supposition sans fondement,
Faites-moi ce plaisir, allez au Club.
—Eh bien, soit! J'y mangerai quelque chose. A tantôt, mon père, car je n'y resterai pas tard.
Et le jeune homme sortit du cabinet, après avoir reçu une cordiale et vigoureuse poignée de main en récompense de son bon vouloir.