—Pourrons-nous bien continuer, sans aucun secours de nos enfants, à supporter cette charge? Cela me paraît impossible.

—Je travaillerai un peu plus, Adrien.

—Toujours travailler comme des esclaves, se sacrifier entièrement pendant toute sa vie!

—Ah! c'est seulement alors que je sens que je suis mère, quand je sais que je me sacrifie pour le bonheur de mes enfants.

—Bon! mais, si un jour l'ouvrage venait à manquer pour longtemps; si l'un de nous devenait sérieusement malade, que ferions-nous alors?

—Alors, Adrien, nous nous arrangerions suivant la volonté de Dieu. Nous ne pouvons faire l'impossible.

—Et s'il devenait nécessaire que Bavon gagnât quelque argent, le laisserais-tu aller à la fabrique?

—Pourquoi pas si le besoin l'exige?

—Et à quoi lui servirait alors l'instruction?

—À quoi elle lui servirait? Comment peut-tu demander cela, Adrien? Il serait du moins un homme, un excellent ouvrier, propre à tout, et, avec un peu de chance, il serait certain de devenir contre-maître.