—Ah! je ne peux plus apprendre à lire! soupira l'enfant.
—Comment? Pourquoi? Ça ne se peut! balbutia Bavon avec une expression d'incrédulité et en même temps de révolte.
—Non, je ne peux plus lire, plus jamais! Bavon, je sais déjà presque lire, et maintenant je dois faire des efforts pour l'oublier!
—Qui dit cela? s'écria le jeune garçon.
—C'est mon père qui le dit, et il n'y a rien à y faire, répondit Godelive avec tristesse.
—Ton père? reprit Bavon avec épouvante.
—Oui, et demain, à six heures, je dois aller à la fabrique de dentelles, et je ne peux plus jamais prendre un livre en main que mon père ne le voie. Dieu, que je suis malheureuse!
Elle recommença à pleurer de plus belle; les larmes ruisselaient entre ses doigts. Bavon, touché de compassion, laissa tomber sa tête sur la table et se mit également à pleurer.
Pendant quelque temps, madame Damhout fit des efforts pour consoler les deux enfants; mais elle n'y réussit pas. Pour leur donner un peu de courage, elle promit d'aller parler à madame Wildenslag, et exprima l'espoir qu'elle pourrait peut-être changer cette triste résolution.
Elle arrangea tout dans la chambre, puis elle dit à la petite fille: