—Godelive, tu ne vas donc pas à ton atelier, puisque tu es allée chercher la bouteille?
—Ma mère y est allée; elle est venue à notre magasin et a causé avec mademoiselle. Je puis rester à la maison aussi longtemps que je voudrai, fût-ce pendant plus d'une semaine.
—Pourquoi rester à la maison? murmura madame Damhout, qui commençait à soupçonner la vérité.
—Vous êtes si seule! pour vous aider à soigner maître Damhout, et pour faire vos commissions.
—Non, non, mon enfant; c'est trop de bonté à toutes deux; je ferai rester Bavon à la maison. Tu ne peux pas interrompre ton apprentissage; cela pourrait te faire du tort.
La jeune fille joignit les mains en suppliant, et dit:
—Vous avez toujours été si bonne et si affectueuse pour moi! C'est à vous que je dois d'avoir pu apprendre à lire. Je vous en prie, ne refusez pas mes petits services. Ma mère et ma maîtresse m'ont permis de rester près de vous aussi longtemps que je puis vous être utile. Laissez Bavon à son école, sinon il ne pourra pas remporter des prix. Ce serait pour lui, pour vous et pour son père un nouveau et grand chagrin.
Et, sans attendre une réponse, elle remit les chaises à leur place et prit un balai pour nettoyer la chambre.
Madame Damhout la regarda un moment le cœur battant, alla à elle et l'embrassa en murmurant:
—Eh bien, ma pauvre Godelive, j'accepte ton aide pendant une couple de jours, jusqu'à ce que mon mari aille un peu mieux. Dieu te récompensera pour ta gratitude et ton bon cœur.