À la froideur simulée de ses paroles, on aurait pu supposer que le père Damhout était moins sensible au triomphe de son fils; mais on se serait tout à fait trompé. Son cœur était plein d'orgueil, car, lorsqu'il fut sorti des bancs, il était facile de voir qu'il faisait tous ses efforts pour rester à côté de Bavon, afin que chacun sût bien qu'il était le père de ce jeune homme.

Bavon semblait depuis un moment saisi par un sentiment de confusion; il tenait la tête baissée et marchait en chancelant entre ses parents.

Lorsqu'ils allaient atteindre la porte de la salle, Christine dit à son fils:

—Cher Bavon, tu ne dois pas être confus; au contraire, lève la tête, on voudrait te voir en face, c'est par amitié…

Le jeune garçon, comme s'il se réveillait en sursaut, poussa un soupir et murmura avec une singulière émotion à l'oreille de sa mère:

—Ah! si Godelive avait pu voir cela!

Ils furent poussés hors de la porte par les flots de la foule, et ils se trouvèrent dans la rue.

—Christine, dit le père Damhout, là-bas se trouve M. Raemdonck; il nous regarde et semble vouloir me parler.

—En effet, Adrien, c'est naturel, il te félicitera. Quel honneur, n'est-ce pas? Ton propre maître! Qui se serait attendu à autant de bonheur? Ce bon et cher Bavon!

M. Raemdonck appela Damhout d'un signe. Tandis que Bavon et sa mère restaient au milieu de la rue, entourés d'une foule de curieux, Adrien alla à son maître la tête découverte. Celui-ci lui serra amicalement la main et lui dit: