—Je vous félicite, Damhout. Remettez votre casquette, je vous en prie. Que vous étiez un ouvrier bon et zélé, je le savais depuis longtemps; mais avoir, comme un père sage et éclairé, fait instruire votre fils jusqu'à ce qu'il eût passé toutes les classes de l'instruction primaire, cela vous honore grandement à mes yeux.

—Ah! c'est ma femme, monsieur, répondit l'ouvrier ému.

—Votre femme?

—Oui, monsieur. C'est pourquoi je dois remercier Dieu de m'avoir donné la femme la meilleure et la plus sensée qu'on puisse trouver sur la terre.

—Soit, mon ami; vous y avez néanmoins contribué par votre travail. J'ai promis au bourgmestre de faire quelque chose pour vous récompenser, si c'est possible. Dites-moi, que vous proposez-vous de faire de votre fils?

—Il est à la fabrique de M. Verbeeck.

—-Qu'y fait-il?

—La semaine prochaine, il sera placé au premier diable, monsieur.

—Oui, cela n'est pas mauvais; avec le temps, il pourra devenir maître ouvrier. Voulez-vous me faire un plaisir, Damhout? continua M. Raemdonck. Envoyez-moi votre fils; je veux aussi lui donner un prix, un cadeau. Retournez chez vous avec votre fils, et, dès qu'il aura déposé son livre et sa couronne et qu'il se sera un peu reposé, faites-le venir chez moi, je l'attendrai.

Damhout retourna vers sa femme et lui raconta avec un joyeux étonnement ce que son maître lui avait dit. Il lui avait parlé si amicalement et même serré la main!