Les Damhout, regardés, loués et enviés par tout le monde, arrivèrent enfin à leur petite ruelle, devant la maison où les Wildenslag avaient demeuré. Bavon parut vouloir s'arrêter, et éleva même, par un mouvement involontaire, son prix et sa couronne, comme pour les montrer à une créature invisible; mais il poussa un soupir et suivit ses parents dans leur demeure.

Après les avoir embrassés de nouveau, Bavon sortit de la ruelle pour se diriger en toute hâte vers la maison de M. Raemdonck, où l'attendait un nouveau présent. Quel serait ce présent? Un livre, peut-être autre chose!

Bavon sonna chez M. Raemdonck. La servante le conduisit dans le bureau. Un homme déjà âgé, le premier commis sans doute, vint à lui en souriant amicalement.

—Je vous félicite, mon garçon, dit-il en lui prenant la main. On vous a fait un honneur que vous méritez bien. J'étais présent et je me suis senti profondément ému. Cela vous portera bonheur, d'aimer ainsi vos parents.

Bavon prononça le nom de M. Raemdonck.

—Oui, je le sais, dit le commis, monsieur vous a fait venir; mais il est dans la fabrique avec un marchand et il vous prie de l'attendre un peu. Asseyez-vous, mon ami, M. Raemdonck voudrait vous faire du bien, si c'est possible. Il voudrait connaître ce que vous savez et jusqu'à quel point vous êtes instruit, et il m'a chargé de vous mettre à l'épreuve, si vous y consentez.

—Je lui en suis bien reconnaissant et ferai tout ce qui vous plaira, répondit Bavon.

—Eh bien, placez-vous devant ce pupitre; voici la minute d'une lettre, écrivez-la au net, de votre mieux et sans faute. Ne soyez pas intimidé. Vous avez là un modèle pour la forme de la lettre. Commencez, pendant ce temps, je continuerai mon propre travail.

Un silence complet régna dans le bureau jusqu'au moment où Bavon, en levant la tête et en se retournant, fit comprendre que la lettre était écrite.

Le commis s'approcha, regarda le papier un instant et dit avec étonnement: