—Et comment vont les Wildenslag? Ils demeurent aussi à Wazemmes, n'est-ce pas? demanda madame Damhout.
—C'est-à-dire, répondit l'autre, ils y ont demeuré quelque temps, d'après ce que j'ai appris des amis; mais ils sont partis de là pour Douai. Je les ai vus pendant huit ou dix jours, car j'ai travaillé pendant six mois à Douai. Mais, la semaine après mon arrivée, les Wildenslag en sont partis subitement. Les amis disent qu'ils ont accepté du travail pour une ville du milieu de la France, pour Rouen, peut-être; mais je ne le sais pas bien.
—Et les Wildenslag étaient toujours bien?
—Bien? Oui, beaucoup trop bien. Il vaudrait mieux pour eux souffrir un peu de misère. Il n'y a pas de plus grands vauriens au monde que ces Wildenslag. Si vous pouviez les voir maintenant, Adrien! Il ne font que boire et bambocher pendant la moitié de la semaine, et en outre les amis les évitent, car ils sont d'un caractère très-brutal et ne font que chercher noise à tout le monde.
Adrien et sa femme secouèrent la tête avec tristesse et sans rien dire.
Voyant que Geerts prenait la main de son mari pour lui dire adieu, madame
Damhout demanda:
—Ne pourriez-vous pas nous dire, Étienne, comment va Godelive Wildenslag?
Vous ne la connaissez peut-être pas?
—N'est-ce pas une fille maigre et délicate, avec des cheveux blonds et des yeux bleus vifs?
—Oui.
—Ah! je la connais bien; du moins, je ne l'ai que trop bien vue! Elle est encore pire que les autres. Tous les Wildenslag, grands et petits, sont des gens grossiers.
—Que voulez-vous dire, ô ciel?