Rose me supplia à mains jointes de revenir la voir le lendemain de très-bonne heure. Ses yeux bleus faisaient rayonner sur moi un sourire d'une douceur céleste. M. Pavelyn me serra encore la main. Je marchai consolé et presque heureux, à côté de ma mère, vers notre demeure.


XXXI

Le lendemain, après une nuit agitée par des rêves pleins d'espoir et d'inquiétude, je me levai aux premières lueurs du matin; mais, si vif que fût mon désir d'être auprès de Rose, je restai avec mes parents pour leur parler de ma fuite et de ma position.

Je sentais, et ma mère me l'avait bien fait comprendre, que Rose avait été très-fatiguée, et que je ne pouvais pas la priver d'un repos si nécessaire par une visite trop matinale.

Neuf heures sonnaient au clocher du village quand j'osai me diriger vers le château.

En entrant dans le jardin, je vis de loin Rose assise avec sa mère sous l'ombrage d'un tilleul touffu. Cette preuve que les émotions de la veille ne lui avaient pas été fatales me rendit si joyeux, que je poussai un cri de triomphe.

Tandis que j'exprimais ma joie et mon espoir, Rose me fit signe de m'asseoir à côte d'elle.

Madame Pavelyn, après avoir échangé quelques paroles avec nous, se leva et s'éloigna sous prétexte d'aller chercher quelque chose dans la maison.

Dès qu'elle eut disparu, Rose me dit: