Et j'aperçus sa figure angélique qui me souriait, et sa main qui me désignait avec des signes de joie.

La voiture s'arrêta; je m'approchai lentement et en chancelant, quoique le cocher me criât de me dépêcher. Je tremblais, mon coeur battait violemment, et tout s'obscurcit devant mes yeux, comme si j'allais succomber à mon émotion; mais le cocher me leva de terre, me posa dans la voiture, et ferma la portière.

Alors je regardai Rose dans les yeux, j'entendis sa voix me dire avec joie:

—Voici ta petite mère de retour!

Et je sentis ses mains presser les miennes....

Malgré tout ce que me dirent d'abord M. et madame Pavelyn pour me calmer, je ne pouvais surmonter mon émotion. Ils savaient bien que c'était le retour de Rose qui m'agitait ainsi, et cette marque de gratitude envers leur fille leur faire plaisir.

Enfin les tendres paroles de Rose me rappelèrent à moi-même, et, à travers mes larmes, un sourire de bonheur rayonna vers mes bienfaiteurs.

—Mais, Léon, écoute donc ce que je te dis, s'écria Rose. Nous venons à Bodeghem pour te chercher.

Je la regardai avec stupeur.

—Oui, oui, pour te chercher: tu vas venir avec nous à Anvers. Tu auras un logement en ville, et tu deviendras sculpteur, artiste!