— De nouveaux projets matrimoniaux qui viennent de m’être soumis pour toi…

— Ah ! encore ! Mais pourquoi diable l’humanité s’acharne-t-elle ainsi contre ma liberté, à peine reconquise ? Pourtant, après quatre années de guerre, j’ai bien le droit de vivre un peu à mon gré !

Il a l’air sérieusement révolté, et Mme Dautheray se sent toute contrite. Sa mine est si malheureuse que l’impatience de Jean s’évanouit ; d’autant qu’elle questionne, timide :

— Alors, tu ne veux pas savoir ?…

— Mais si, mère, je veux bien savoir tout ce que vous avez envie de me faire savoir ; dites, de quoi s’agit-il ?… Vous avez encore preneuse pour votre fils ?

— Preneuse ! Oh ! Jean, quel langage !… J’ai reçu ce matin une lettre de ma bonne amie de la Vrillère, qui me parle d’une jeune fille me donnant, ce me semble, toutes les garanties de bonheur pour toi !

— Comme les autres, marmotte-t-il. Et alors ? mère.

— Alors, je voudrais… je désirerais que tu la voies… pour commencer… avant les autres, nouvellement présentées…

— Les autres !… Comment, il y en a encore d’autres ?

Jean a l’air horrifié.