Elle le regarde toujours avec la même expression profonde. Elle est très blanche et ses lèvres pâlies tremblent un peu, mais elle semble absolument calme. Jamais sa jolie tête fière ne s’est dressée plus droite.

Et elle articule avec une précision si nette, que les mots semblent cingler :

— C’est-à-dire que vous me proposez d’être votre maîtresse ?

Il a un sursaut devant la brutalité de l’expression.

— Je vous demande…

Il se penche vers elle.

— … de devenir, dans ma vie, une souveraine divinement bienfaisante, à qui je m’efforcerai, sans cesse, de rendre tout le bonheur qu’elle m’aura donné, en consentant à accepter mon amour !…

— Encore !… Mais écoutez ceci… Je ne suis pas même effleurée par la tentation de recevoir… tout ce que vous m’offrez… Tout à l’heure, vous m’avez proposé de m’aider… Je n’ai besoin ni d’aide… ni d’amour…

Elle parle avec un calme hautain. Mais sa voix est frémissante. Et un peu de rose est remonté aux joues décolorées. Droit devant elle, ses yeux regardent l’eau qui fuit, au dehors, sous les branches.

— Je vous remercie de votre sollicitude… Je n’en ai que faire. Je ne suis pas aussi isolée dans la vie que vous semblez l’imaginer… J’ai un petit garçon qui est, pour moi, un soutien moral très puissant.