— La belle Sabine ? Je l’ai déjà vue tout à l’heure, quand vous lui parliez.
— Vous l’avez reconnue ?
— Elle est inoubliable… Et puis…
Et le regard d’Hélène est moqueur, un peu, avec une inconsciente ombre de mélancolie…
— Et puis, votre visage aurait suffi à me renseigner.
— Dieu ! est-il à ce point « passoire » ? Ce serait terrible !… Hélène, je vous montrerai toutes les jeunes personnes que vous désirerez connaître. Mais, aussi, je dois, avant tout, vous mettre en rapports avec quelqu’un dont vous excitez la curiosité, notre ami Dubore, le critique de la Revue des Deux Mondes. C’est à lui que j’ai soumis vos croquis américains.
Hélène devient toute rose.
— Oh ! Jean, que cela va être émotionnant d’entendre son jugement !
— Mais… mais j’imagine que ce jugement n’est pas défavorable, puisqu’il désire vous voir !… Il est peut-être séduit par votre œuvre, comme je l’ai été moi-même…
Hélène lui envoie un coup d’œil reconnaissant ; elle a une mine de petite fille sage, ravie d’une bonne note inattendue.