Nouveaux saluts, shake-hands, échange de propos rapides et de sourires avec les hôtes de la pâtisserie… Puis les deux jeunes femmes sont dehors, abandonnant le duc, déçu… Sabine, pour lui, est devenue une soif !
Qu’éprouverait-il, s’il surprenait le « ouf ! » qui s’échappe des belles lèvres, si discret que Marise ne le remarque même pas.
Alertes, toutes deux remontent la rue de Paris encombrée de flâneurs. Le souffle de la mer flotte plus frais. Elles traversent les rues étroites entre les villas fleuries et s’engagent, selon le vœu de Sabine, sur la route qui, en corniche, suit la côte. Le soleil irise la poussière blonde que soulève la brise. La mer, enfin apparue, est une nappe de satin idéalement bleue, ondulée par une imperceptible houle, sur laquelle glisse le bateau du Havre, qui revient, rapide comme un grand oiseau.
Marise s’est abritée sous son ombrelle. Mais Sabine, insouciante du soleil, marche de son pas de jeune déesse, offrant son visage au souffle plus vif monté de l’eau, couleur d’opale.
Marise lui jette un coup d’œil de malice.
— Sabine, vous êtes songeuse !… Vous pensez à votre admirateur…
— Mon admirateur ?…
— Oui, François de Bresmes. Vous n’allez pas me dire qu’il ne vous fait pas une cour… oh ! très correcte mais pressante ?… Il est amoureux fou de vous, le pauvre.
— Le pauvre ?… Pourquoi ?
— Parce que vous êtes plutôt fraîche avec lui !