— Qui est ?
— Je ne serai pas la femme de Jean… Mais peut-être, un jour, sa maîtresse… quand malgré nous, l’un et l’autre, nous serons tombés dans les pièges différents que nous prépare la destinée.
— Oh ! Sabine, quelle fâcheuse idée ! s’exclame Marise, qui ne peut discerner si son amie plaisante ou non.
— Très fâcheuse, en effet. C’est effrayant, cette conviction qui m’obsède, qu’en ce moment, mon avenir va se décider !… Et puis…
Elle change de ton.
— … Et puis, là-dessus, redescendons. Ne pensez-vous pas qu’il est l’heure de regagner Deauville ?
Docile, tout occupée de ce qu’elle vient d’entendre, Marise se lève et suit Sabine qui marche déjà, de son pas rythmé, le visage pensif.
Brusquement, la jeune fille tourne la tête vers sa compagne :
— Je ne sais pourquoi, je vous ai accablée, indiscrètement, du rôle de confidente… Vous ne me trahirez pas ?…
— Sûrement non, je ne vous trahirai pas, ma pauvre chère. Je vous plains bien trop pour cela !