— Bah ! Je ne suis pas tellement à plaindre à cette heure, puisque je peux encore choisir… Vous avez l’auto ?
— Oui, elle doit m’attendre à l’entrée du port. Si vous le souhaitez, je vous remettrai à Deauville en passant.
— Volontiers… Ou plutôt non !… J’irai avec vous jusqu’au manoir de Bénerville et je redescendrai la côte à pied. J’ai besoin de remuer. C’est ainsi que je réfléchis le mieux.
— Comme vous voudrez, ma chérie. Je suis navrée de vous voir préoccupée et de n’y pouvoir rien !
En quelques minutes, l’auto les a ramenées devant le splendide domaine des Dautheray dont Marise est l’hôte, actuellement. Juste comme elles échangent, sur la route, les mots d’adieu, venant de Villers, Jean apparaît en tenue de tennis. Près de lui, chemine Nicole, flanquée aussi de sa raquette, toute mince sous sa blouse flottante, des joues de rose fraîche épanouie, ses bras nus, dorés par le soleil.
Elle a une imperceptible moue à la vue de Sabine qu’elle n’aime pas. Et dès que les quatre promeneurs se sont rejoints, c’est rapidement qu’elle distribue ses bonjours ; puis mettant sa main brunie dans celle de Jean, elle finit, un amical sourire aux lèvres :
— A ce soir, au Casino, n’est-ce pas ? Jean, mon premier tango est pour vous…
Et sans plus s’attarder, elle poursuit sa route.
Jean demande alors :
— Vous revenez de Trouville ?