Jean piafferait volontiers. Mais il reste très calme d’apparence et réplique seulement, la voix ironique, à Sabine, prête à partir :
— Après tout, il y a des goûts inexplicables. Vous allez ce soir au concert du Casino ?
— Je ne sais encore…
— Alors, sûrement, à demain matin, au bain !
— Non, je monte avec M. de Bresmes.
— Ah !…
Il n’ajoute rien et ouvre la grille devant Marise qui a serré la main de son amie et, discrète, s’enfonce dans l’allée ombreuse, amenant au château dont se profilent les terrasses enguirlandées de géraniums.
Les jeunes gens sont seuls une seconde. Le masque froid de Jean tombe aussitôt ; et tout ensemble, suppliant et impérieux, il demande, une ardente caresse dans le regard :
— Vous viendrez ce soir, Sabine. Je suis affamé de vous ! Depuis ce matin, je ne vous ai pas vue. Promettez que vous viendrez !
Elle secoue la tête, railleuse :