« Adieu, Hélène chère… Voilà où j’en suis de mes amours, que je voudrais bien oublier près de vous, en causant de ce qui vous touche seule… Que ce serait donc bon de pouvoir attendre en paix, la venue du dieu Éros !… Mais le moyen, quand bourdonne, sans cesse, dans la cervelle de ma chère mère, l’obsédante pensée : « Il faut marier Jean ! » La seule chose que j’ai gagnée, c’est qu’elle n’ose plus l’articuler… Ouf !
« Hélène, plaignez un peu votre ami Jean, et croyez-le très tendrement à vous… »
XVI
Les Trois-Épis.
Un beau matin de septembre, à peine brumeux, sur le lointain bleu des Vosges.
Les sapins, que brûle le soleil, distillent leur arome et embaument les quelques hôtels qui forment le nid de la civilisation sur le sommet riant et agreste. A travers la forêt, le petit train est monté, haletant, de Turkheim ; et il s’arrête devant le groupe des promeneurs qui flânent, en cheminant vers les bois.
Hélène, prête à emmener Bobby jouer sous les arbres, s’est immobilisée pour lui faire plaisir, afin qu’il regarde, tout à son gré, les évolutions de la machine. Il a sa menotte blottie dans celle de sa mère et s’exclame sur tout et sur rien, pendant qu’elle contemple la vallée, les crêtes arrondies, vêtues de verdure, avec une sorte de jouissance extasiée…
Il fait beau ! Il fait bon ! Son petit a une mine resplendissante. Elle-même savoure sa pleine liberté, sans souci de l’avenir dont l’inconnu ne lui fait pas peur… Que les jours de halte sont donc bienfaisants ! A pleines lèvres, elle aspire le souffle chaud qui sent la résine…
— Maman, oh ! maman, voici Jean !
Elle a un sursaut et cesse de voir l’horizon lumineux. Incrédule, d’ailleurs. Une ressemblance doit tromper Bobby. Cependant, elle regarde.