— Oh ! oui, cet homme austère est adorable ! Il m’annonce qu’à l’automne, sans doute, je serai publiée… Je n’y crois pas encore ! Ah ! Jean, c’est à vous que je le dois… Comme je suis contente de pouvoir vous remercier autrement que par lettre. Aussi vous devinez avec quel cœur, je travaille maintenant…
— A votre pièce ?
Les lèvres d’Hélène prennent une expression moqueuse.
— Elle est finie !
— Ah ! vous allez me la lire !
— Certes, non, vous m’intimideriez autant que Barcane lui-même… Et puis, nous avons mieux à faire. Vous avez tant à me raconter !
— Et j’ai, hélas ! si peu de temps ! A une heure, je redescends pour aller voir les ruines de Metzeral. Je me suis battu par là et je veux y retourner après la victoire.
— C’est un pèlerinage que j’aurais bien aimé faire… Mais je ne sais s’il me sera possible avant de quitter l’Alsace !
— Eh bien ! Hélène, il faut l’accomplir aujourd’hui, en même temps que moi ! s’exclame Jean, enthousiasmé de la perspective. Quelles bonnes heures de bavardage, nous aurons ainsi !… C’est convenu, je vous enlève.
— Nous verrons cela, dit Hélène, étrangement tentée ; si fort, qu’elle sent la nécessité de faire appel à toute sa sagesse pour ne pas dire « oui », tout de suite, à la prière de Jean.