— Alors, c’est pour nous qu’elle sonne !
Hélène n’a pas le courage de corriger « pour vous »… Sa raison est décidément en déroute. Cette éblouissante matinée la grise.
Bobby, toujours en avant, se précipite dans le jardin de l’hôtel vers une vieille dame qui tricote dans son fauteuil.
— Bonne maman (c’est le nom d’amitié qu’il lui donne), voulez-vous venir déjeuner tout de suite, parce que maman va à Metzeral avec l’ami Jean !
Mme Hatzfeld embrasse tendrement la petite figure ronde, toute brûlante de soleil, et interroge, ne comprenant pas :
— Mon Bobby, qu’est-ce que tu me racontes là ? Qui est l’ami Jean ? Le petit garçon avec qui tu jouais hier ? Ta maman part avec lui ?…
Bobby éclate de rire.
— Mais non ! bonne maman. L’ami Jean n’est pas un petit garçon ! C’est un grand, un monsieur ! Tenez, regardez, le voilà qui arrive avec maman !
Mme Hatzfeld laisse tomber son tricot, et, stupéfaite, contemple Hélène qui traverse la pelouse, flanquée d’un compagnon très chic que, curieusement, considèrent les flâneurs, dans le jardin.
— Tante, je vous présente mon ami d’enfance, Jean Dautheray, qui est grimpé jusqu’ici pour nous faire une petite visite.