— Vous croyez cela ?… Homme fat et insolent ! Pour quelle espèce de femme me prenez-vous donc ?
— Pour une femme adorable ! Marise.
— Bien, mon ami, adorez… Cela n’est pas pour me déplaire !… Mais, une fois de plus, je vous préviens que vous aurez toujours à vous contenter de l’adoration…
— Marise, je me le répète consciencieusement… Mais que vous êtes coupable et imprudente de vous montrer aussi coquette ! Faites-vous relire l’histoire du « Petit Chaperon rouge », par votre fille Miette !
Elle rit et hausse un peu les épaules. Puis, la mine naïve, elle interroge :
— Suis-je vraiment si coquette ?… Je ne le fais pas exprès. J’aime qu’on m’aime. Alors, je suis gentille d’instinct avec les personnes pour qu’elles me donnent l’atmosphère qui m’est indispensable !… Voilà !… Mes flirts, imaginez cela, ce sont des petits fours que je croque, parce que je suis gourmande… Mais la manne nourrissante, c’est Henry qui la représente… Vous comprenez ?…
— Je comprends… Alors, moi, je suis « un petit four » ?
Elle incline la tête avec une moue de bébé-femme si séduisante, que Jean a vraiment du mérite à demeurer d’une invincible fidélité à son amitié pour Henry de Lacroix.
— Marise, je suis froissé et vous me donnez la tentation horrible de vous prouver que les « petits fours » ne sont pas tous d’humeur à se laisser croquer… et veulent croquer, eux aussi.
— Dautheray, mon petit, ne soyez pas froissé, mais compatissant, car vous trouvez en moi une femme bien ennuyée.