Mais des points lumineux piquent la nuit, grandissant de seconde en seconde. C’est Colmar, le réveil !
Ils mettent à terre leur encombrante compagne. Enfin, ils sont seuls ! Hélas ! c’est dans la cohue de l’arrivée. Devant la gare, Hélène s’arrête. Elle a repris son sourire clair et résolu, et tend la main à Jean :
— Alors, ici l’on se dit adieu…
— Vous n’imaginez pas, Hélène, que je vais vous laisser rentrer seule…
— Oh ! je suis très habituée à circuler sans protection !
— Bien entendu ! Mais, par la faute de cette insipide vieille femme, j’ai perdu la fin de notre voyage. Alors, pour me dédommager, il faut me permettre de vous conduire jusqu’à votre porte… Dieu sait maintenant quand nous nous retrouverons ! Et comment ! Nos milieux respectifs vont nous ressaisir…
— Naturellement ! répond-elle d’un accent qu’il trouverait étrange s’il n’était préoccupé de son désir de l’accompagner. Puisque vous voulez bien prendre la peine de m’escorter, allons vite !
— La peine relative ! Si je vous gêne, partez seule. Je ne veux pas être indiscret ! s’exclame-t-il, presque fâché.
Elle hausse les épaules.
— Mon grand, ne dites pas de sottises ! A moi aussi, cette dernière course fera plaisir !