— Vrai ? Bien vrai ?… Sûrement, pas autant qu’à moi !
Elle sourit, ne répond pas… Et ils s’en vont silencieusement, comme si leur pensée les absorbait. Hélène marche très vite. Jean le remarque et reproche :
— Comme vous avez l’air pressée de vous débarrasser de moi !
— Il est plus que l’heure de rentrer ! Je devrais être aux Trois-Épis !
Dans la vieille rue, où resplendit l’argent du clair de lune, apparaît, toute proche, la maison d’Hélène. Encore quelques pas et elle s’arrête.
Sur le pavé clair, le logis dessine sa silhouette d’antan. Au-dessus du mur, jaillissent les branches de l’acacia qui tremblent à l’air du soir.
Rapidement, Hélène prend une clef dans son petit sac et ouvre la porte.
Il demande :
— Vous n’allez pas avoir peur de coucher là toute seule ?
— Je n’ai jamais peur !… Adieu, Jean, et merci de… de tout ce que je vous ai dû aujourd’hui… Bon retour à Deauville ! Si votre avenir s’y décide, écrivez-moi vite… Surtout, choisissez bien !… Je crois vraiment que, autant que votre mère, je désire votre bonheur ! Adieu…