Hugues de Champtereux s’ennuie ferme, mais se tient galamment à la disposition de sa fiancée qui, aux côtés de Sabine et de Marise, lui paraît un peu exotique.
Trop de perles… Trop de dentelles… Elle a besoin qu’il la transforme en Parisienne chic !
Près de lui, se tient François de Bresmes, lequel, sous couleur de boire un verre de champagne, se délecte au voisinage de Sabine pour laquelle sa passion est arrivée au paroxysme.
Pourtant, ce jour-là, du moins, elle ne l’encourage pas… A peine, une ombre de sourire ; silencieuse, une expression indéchiffrable dans ses yeux brillants, sur la bouche tentante et vite railleuse.
Elle regarde sa montre qui marque cinq heures et demie, et murmure :
— Marise, je commence à avoir un terrible mal de tête. Je vais disparaître à l’anglaise.
— Oh ! pas encore, Sabine, vous attirez tant de monde ! proteste naïvement Mme de Lacroix. Si vous êtes fatiguée, allez faire un tour de jardin pour vous remettre et puis, revenez. Bresmes, emmenez-la donc au frais un instant !
Sabine a un tressaillement, une hésitation, mais elle n’essaie pas de se dérober et saisit sa mante de taffetas.
— Voulez-vous me permettre ? offre le duc.
Délicatement, il met le manteau sur les épaules de Sabine dont le visage a toujours la même indéfinissable expression ; on dirait que les yeux brillent à travers l’ombre d’une mélancolie amère.