Ardemment, il poursuit :
— Écoutez encore ceci, Sabine. Jamais je n’ai désiré l’amour d’une femme comme je souhaite le vôtre. Vous vous êtes emparée de moi, le premier jour où je vous ai vue. Mais je comprends bien qu’il me faut le gagner, cet amour. Aujourd’hui, je ne vous demande rien que de me permettre de vous adorer, de vous faire le cadre digne de votre beauté dont je serai plus fier que vous ne sauriez jamais l’être vous-même. Tout ce qu’une femme reçoit de l’homme qui est à elle tout entier, vous l’aurez !
— Et vous pensez que je pourrai vous rendre assez pour… tant de trésors de toute sorte ?
Son accent est étrange, son visage d’une pâleur presque tragique, mais la bouche a ce sourire qui affole la faiblesse masculine ; et Bresmes répond, sincère et passionné :
— Rien qu’en me permettant d’effleurer vos lèvres, vous me ferez un don qui vaudra tout ce que vous aurez daigné accepter.
Elle est vaincue cette fois, et, lente, elle lui tend sa main.
....... .......... ...
Le soir, elle et Jean se retrouvent.
Il y a réception chez les Champtereux, en l’honneur d’Hugues et de sa fiancée. Et Jean s’y est rendu, pour ne rien laisser soupçonner de la blessure qu’il porte.
Sa résolution est prise. Avant de renoncer au bonheur qu’il a entrevu, il lui faudra, à l’automne, entendre Hélène lui dire, elle-même, qu’elle se refuse.