Quand il entre chez Mme de Champtereux, la jeunesse danse déjà. Mais pas Sabine. Tout de suite, il l’aperçoit, superbement belle, la bouche souriante, qui cause en aparté avec le duc. Celui-ci a la main posée sur la chaise où elle appuie ses épaules nues et il se penche vers le radieux visage que semble illuminer l’allégresse d’un triomphe. Et quelle grâce caressante dans la façon dont elle lève la tête pour lui répondre !
Une impulsion irréfléchie amène Jean vers leur groupe. A peine, il salue Bresmes et, s’inclinant devant elle, il demande :
— Puis-je solliciter la faveur d’un tango ?
C’est lui maintenant qu’elle regarde et, dans ses prunelles, flambe une lueur qui semble montée d’un abîme.
— Un tango ? Oui, celui qui va commencer et que je vous ai promis.
Il tressaille. Ce qu’elle dit là, ce n’est pas vrai. Elle ne lui a rien promis. Elle veut donc lui parler ? Pourquoi ? Elle ne prend pas garde à l’ombre qui a passé sur les traits de Bresmes.
De nouveau, il s’incline :
— Merci de la promesse… Et à tout à l’heure…
Elle répète :
— Oui, à tout à l’heure…