Et elle se reprend à causer avec le duc, comme si lui seul, ce soir, existait pour elle…

Cependant, il l’a quittée quand, aux premiers accords du tango, Jean vient la chercher, exaspéré de son attitude.

Il l’entraîne et, tout de suite, sa voix martèle :

— Est-ce que vous avez résolu de vous afficher avec le duc de Bresmes ? Quel jeu jouez-vous donc là ?…

Elle a une aspiration profonde, comme pour reprendre le souffle. C’est le moment de faire la révélation qui, tout ensemble, la rend vibrante d’orgueil, de souffrance et aussi du plaisir de la vengeance ; elle sait bien qu’elle va l’atteindre…

Et tandis qu’il l’enlace — comme tant de fois, — elle articule, le ton net :

— Ce n’est pas, j’imagine, s’afficher que d’accepter ouvertement les hommages d’un fiancé !

— D’un fiancé ?

Elle répète avec une aisance, hautaine, mais son cœur bat à coups pressés :

— De mon fiancé, le duc de Bresmes, à qui, tantôt, je me suis promise…