— Vous dites que tout est bien… et vous pleurez !
D’un geste rapide, elle passe les doigts sur ses joues où deux grosses larmes ont roulé sans qu’elle en ait conscience, et hausse les épaules.
— Question de nerfs !… C’est toujours un peu émotionnant d’engager toute sa vie ! Demain, sans doute, je serai aussi ravie que mes parents qui exultent, que mon frère qui m’a chaudement félicitée. Quant à vous…
— Moi, je vous plains, Sabine. Oh ! bien fort !
— C’est plus simple que de m’épouser ! lance-t-elle brutalement.
— Sabine !
— Oh ! ne protestez pas !… C’est tellement inutile !
— Sabine, vous le savez bien que je redoutais encore le mariage !
— Soit… Mais je ne suis pas une fillette naïve… Je sais très bien aussi que je vous plais… fort, parce que je suis une femme… tentante !… Mais vous ne m’aimez pas… Sinon, vous m’auriez attirée à vous, telle que je suis ; même avec les défauts qui vous irritaient, et peut-être, auraient disparu près de vous… J’ai menti quand je vous ai dit que c’étaient mes nerfs qui me faisaient pleurer… C’était le regret du bonheur qui aurait pu être le mien et me sauver de moi-même… Maintenant, advienne que pourra !
— Sabine, il est temps encore. Ne vous engagez pas ainsi, je vous en supplie… Vous préparez votre malheur !