Le lendemain matin, comme Jean revient par les hauteurs de la côte, d’une longue course pédestre pour briser l’énervement de la nuit d’insomnie, il se trouve, soudain, devant Madeleine de Serves, qui sort de la chapelle de Bénerville.
Elle a dû y entrer seulement pour dire une prière matinale ; car elle est en costume de tennis, sa raquette à la main.
La vue de Jean fait courir une onde rose sur son visage, où les yeux rayonnent aussitôt.
Lui, correct, salue froidement. Mais son œil de peintre note que cette petite fille en blanc, si fraîche sous sa « charlotte » de linon, est la personnification même du printemps, en cette large prairie herbue qui domine la mer, miroitante jusqu’à l’horizon. Ce jour de septembre est lumineux et chaud, ainsi qu’un jour d’été.
Comme ils sont face à face dans le sentier, Madeleine demande, son clair sourire voilé de timidité :
— Vous venez au tennis ?
— Non, pas ce matin. Je rentre.
— Décidément, vous nous abandonnez ? remarque-t-elle d’un ton qui étonne Jean.
Bref, il explique :
— J’ai eu des… préoccupations qui m’ont absorbé, ces jours-ci.