Il continue, quoique la pensée lui soit horriblement désagréable que, peut-être, il va lui faire mal :

— Ce que je vais vous apprendre ? Une chose bien simple, mais qui vous fera comprendre, petite amie, pourquoi je n’ai pu être tout à fait le même ces jours-ci. Je souhaite, de toute mon âme, épouser une personne qui m’est très chère depuis bien longtemps. Et j’ai été amené à craindre que mon désir ne se réalise pas.

Il voit Madeleine tressaillir toute et il songe avec terreur :

— « Pourvu qu’elle ne pleure pas, grand Dieu ! »

Mais non, elle ne pleure pas, toujours blanche autant que sa robe, et ses lèvres, qui tremblent un peu, articulent :

— Mais elle ne vous aime donc pas ? Est-ce possible ?

— Elle m’aime, seulement… en amie, j’en ai peur, et veut rester libre, pour différents motifs sérieux, à son point de vue.

— Ah ! oui…

— Vous comprenez maintenant que j’aie été un peu… « autre » ces jours-ci. C’est le bonheur que j’ai vu fuir.

Cette fois, de la tête seulement, elle fait « oui », car elle sent que des sanglots lui serrent la gorge. Pourtant, elle n’est pas désespérée, puisque l’inconnue repousse la prière de Jean. Il demeure libre. Peut-être, il se consolera, il se laissera consoler… par elle qui le désire de tout son cœur.