Et leur promenade est un songe éblouissant dans le parc aux arbres d’or, sur le tapis mol et bruissant que foulent leurs pas. Un songe dont ne les réveille même pas le retour dans un wagon que des fâcheux ont envahi à la dernière minute ; tout comme la vieille dame dans le train, vers Colmar.
Mais, quand ils sortent de la gare, Jean, cette fois, ne demande pas à l’accompagner, si violent qu’il en ait le désir. Il veut, sans retard, parler à sa mère. Seulement quand il pourra dire à Hélène qu’elle sait et a consenti, il sera sûr que la bien-aimée ne le fuira plus.
— A ce soir, Mienne, lui murmure-t-il après l’avoir mise en voiture. Je viendrai vous apporter les paroles que votre orgueil et votre délicatesse veulent entendre. A bientôt ! mon cher amour. Ah ! que c’est donc bon d’être heureux !
Sûrement, Madeleine de Serves trouverait que Jean a repris son air d’aimer la vie !
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Quand Hélène arrive chez elle, au premier regard, sur son bureau, elle aperçoit une lettre dont elle connaît bien, maintenant, l’écriture tourmentée, celle de Barcane.
Encore lui ! Est-ce le jugement sur son audacieux essai qui arrive ? Ah ! que ce jugement lui paraît, tout à coup, indifférent !
Elle plane en plein ciel, si haut dans la lumière, qu’elle en arrive à ne plus redouter, presque, la décision de Mme Dautheray ; la confiance de Jean l’a gagnée.
Tout en pensant à lui, elle arrange ses cheveux, revêt une neigeuse robe de maison ; et alors, sa toilette finie, elle se souvient de la lettre encore fermée. Un sourire court sur ses lèvres devant la perspective des critiques que le maître a dû déverser sur ses errements d’auteur dramatique ; et elle revient, pour s’en pénétrer, dans le studio où Bobby joue à ses pieds, sur le tapis ; si content de la retrouver, qu’à tout instant, il embrasse sa robe, la voyant occupée.
Elle lit :