— Quoi ?

— Se peut-il que, vous aussi, vous trouviez : « Il faut marier Jean » ? Mais ça devient une obsession ! Alors, à l’heure présente, il n’est plus permis d’être célibataire en paix, même en payant l’impôt ?

— Bien sûr que non, mon cher ! Il faut repeupler, songez donc ! Et avec Sabine, avouez que la repopulation serait agréable !

Elle s’interrompt, car Sabine elle-même écarte la portière ; haute, svelte, très élégante, une allure de patricienne. Le visage, d’une éclatante beauté, a les lignes d’un camée qui aurait été dessiné d’après un modèle bien français, voire même parisien, de par l’expression du sourire, des yeux, ombrés par le volant de tulle, la capeline de velours.

Marise la salue d’une exclamation accueillante.

— Bonjour, chère ! Venez vite, que nous partions.

— Je suis en retard, et je m’en excuse. Mais maman m’avait demandé de l’accompagner à son essayage chez Lévain… Et la séance s’est prolongée.

— Eh bien, maintenant, nous allons filer ! Je mets mon chapeau et nous partons. Vous m’excuserez tous les deux de vous laisser un instant.

— Nous excusons !… riposte gaiement Sabine.

Jean ne dit rien. Mais Marise sait très bien que non seulement il excuse, mais apprécie. Et, avec un clignement malicieux à son adresse, elle s’éclipse.