— Me voilà, mes petits. Sauvons-nous !
Elle soulève la portière.
Jean est debout devant la cheminée, à une correcte distance de Sabine qui, toujours maîtresse d’elle-même, a tiré de son sac, sa houppette et poudre la roseur plus vive de ses joues.
En même temps, à l’autre extrémité du hall, surgit Henry de Lacroix, un garçon maigre, distingué et sérieux, l’air très bon.
— Comment ! Vous êtes encore ici ? Mademoiselle Sabine, mes hommages ! Bonjour, vieux. Alors, je te confie ces jeunes femmes. Vous allez au Dancing ? J’irai peut-être vous y voir un instant. Amusez-vous bien, les enfants !
— Nous ferons de notre mieux. Au revoir !
Et tous trois disparaissent, laissant Henry de Lacroix retourner dans son cabinet, à ses chères études historiques.
IV
L’auto les emmène. Les femmes papotent gaiement, Marise ne pense plus du tout à ses soucis. Sabine écoute surtout, répond un peu, son regard indéchiffrable errant volontiers au dehors.
Et Jean est, de nouveau, envahi par une intense satisfaction de la vie. Il jouit d’être jeune, d’avoir, devant lui, deux très jolies femmes et, autour de lui, l’atmosphère lumineuse d’une fin d’après-midi printanière qui sent les violettes dont il a fleuri ses deux compagnes.