Et tous trois, devisant, regagnent la loge où Marise grignote des gâteaux avec son cavalier servant et ses amies.

V

Chez Mme Dautheray, le déjeuner terminé.

Il est deux heures. Ce serait le moment d’une agréable flânerie. Mais Mme Dautheray ignore et ne prise pas — parce qu’elle ignore peut-être ? — les douceurs du farniente. Devant le bureau ancien de son petit salon, elle a déjà entrepris de revoir les comptes de l’œuvre des « Veuves isolées », dont elle est présidente ; et les sourcils froncés sous son lorgnon, elle s’applique dans ses additions, examinant le rapport que, dans la matinée, la secrétaire lui a apporté.

Jean, lui, installé dans le jardinet qui longe le Parc Monceau, parcourt les journaux, tout en fumant.

Un coup de timbre à la haute porte d’entrée qui grince un peu, en roulant sur ses gonds. Mme Dautheray et Jean, ensemble, dressent la tête, malencontreusement troublés par la crainte d’une visite ; et Mme Dautheray attend, la plume en l’air, impatiente et curieuse. Qui peut surgir si tôt ?

Une idée lui traverse la cervelle. Peut-être est-ce quelque intermédiaire dans les négociations matrimoniales, qui vient lui demander un renseignement, à cette heure où l’on est sûr de la rencontrer.

Un heurt discret résonne à la porte ; et la voix étouffée du valet de chambre explique :

— Mme Heurtal fait demander si madame pourrait la recevoir.

— Mme Heurtal !… Comment, Mme Heurtal ?… Comment, Hélène Heurtal serait à Paris ? Jean !