— Nous ne parlons que de moi ! Passons un peu à vous, Jean, s’il vous plaît. Marraine, je m’attendais à le retrouver marié, peut-être même déjà père de famille.
— Ah ! tu vois bien ! Jean, s’exclame Mme Dautheray triomphante. Tu vois ce que pense Hélène, comme tout le monde !
— Hélène, aurais-je jamais soupçonné que vous vous attaqueriez à ma liberté ? Je vous croyais pourtant mon amie.
— Marraine, il est rebelle au mariage ?
— Mon enfant, il me navre ! Tous ses camarades trouvent des épouses charmantes. Lui continue « à chercher », prétend-il… C’est-à-dire qu’il refuse tout ce qui lui est présenté.
Jean, flegmatique, laisse aller sa mère. Hélène l’enveloppe de son regard si profondément intelligent où luit un éclair de malice.
— Tant difficile que cela ? ami Jean.
— Oh ! oui, il est difficile ! Puisque te voilà à Paris, Hélène, je compte sur toi pour le chapitrer. Tu lui donneras de bons conseils, comme autrefois, quand tu arrivais à le décider au travail.
— Hélène, je vous en supplie, ne faites rien de pareil ! riposte Jean mi-fâché, mi-gamin, car je ne veux pas me brouiller avec vous. Ne devenez pas, comme maman, hypnotisée par cette idée : « Il faut marier Jean ! »
— Oh ! mon enfant, que tu es dur !