Mme Dautheray a un signe de croix, puis elle se détourne et s’évertue à atteindre Jean qui, à son tour, chercheur, s’applique à joindre sa mère dans le torrent des fidèles.

En bousculant un peu quelques-uns d’entre eux, elle parvient à l’approcher.

— Me voici ! Jean. Maintenant, allons nous placer au pied du péristyle pour voir descendre Mme de la Vrillère et ses amies.

A travers la foule papotante qui encombre le seuil de l’église, Jean évolue avec aisance, salue, serre des mains connues, échange des mots brefs, talonné par Mme Dautheray, dont les yeux interrogent éperdument l’abondance des chrétiens que déverse le saint temple. Elle est à peine sur le trottoir, au bas des marches, qu’elle a une exclamation frémissante :

— Les voilà !… Les voilà sûrement !

Jean pense, avec irrévérence, qu’ainsi s’exclamaient les curieux, en l’inoubliable matinée du 14 juillet, où les premières troupes victorieuses apparaissaient dans l’avenue triomphalement ensoleillée.

— Tu aperçois bien Mme de la Vrillère, n’est-ce pas ? La dame un peu forte et très distinguée, près d’elle, ce doit être la mère… et à côté…

Mme Dautheray n’achève pas. Son regard dévore la jeune fille qui descend les marches… Jean, lui aussi, observe, mais avec un extrême détachement. Et il juge, désinvolte :

— Pas de chic ! Et un peu basse sur pattes !

A son oreille, Mme Dautheray jette convaincue :