— Ma pauvre Hélène !
— Ne me plaignez pas !… Vous vous souvenez peut-être…, j’ai toujours eu un esprit avide d’aliments, sans doute parce qu’il était très curieux et avait reçu le don sans prix de découvrir partout des sources d’intérêt…
— Une fière chance, en effet.
— Pour moi, c’est un plaisir toujours renaissant d’observer, de voir, de lire, de comprendre, de faire de la musique, d’en entendre. Aussi je suis bien certaine que ma modeste vie, même chargée de vilaines difficultés matérielles, sera riche en fêtes, car je me les donnerai à moi-même. Donc, je finis mon petit discours comme je l’ai commencé. Mon ami Jean, je ne suis pas à plaindre !
— Quelle vaillante vous êtes ! Hélène.
Elle a un léger haussement d’épaules et un sourire détaché.
— Je suis comme je suis ! Il m’est impossible de me passer d’une vie très remplie ! Vous y viendrez aussi, Jean… Je suis sûre que vos seules distractions de clubman finiront par vous lasser.
Il la regarde, la mine contrite et gamine.
— Peut-être !… mais je n’en suis pas encore là, madame mon confesseur ; si vous saviez comme j’ai envie de m’amuser encore, avant d’être englobé dans la phalange des gens sérieux qui, fatalement, m’absorbera !
— Eh bien ! amusez-vous, bébé…