Il a les sourcils un peu froncés, la mine impatiente.

— Ah ! elle a entendu parler du potin… Et elle s’agite…

— Une si jolie fille ne lui plairait pas pour vous ? fait, pensive, Hélène qui regarde toujours Sabine.

— Elle la jugerait sûrement… inquiétante… comme trop belle, d’abord !

— L’est-elle, inquiétante ?…

Un court silence.

— Que sait-on ?… C’est une femme qui n’ignore rien de ce qu’elle vaut… Et, en somme, elle est un peu… effrayante, par tout l’inconnu… d’âme… de pensée, que voile sa forme délicieuse.

Hélène devine que Jean vient de penser tout haut, habitué à toujours être sincère devant elle.

Tous deux, un instant, demeurent à contempler l’aristocratique visage dont la lumière caresse l’éclat. Sous les vaporeuses draperies du corsage, décolleté par un art savant, les épaules dévoilent leur impeccable pureté de lignes.

Derrière Sabine, un peu incliné vers elle, — pour mieux causer — se tient un homme de haute mine ; le duc de Bresmes, a reconnu Jean, tout de suite, compagnon de cercle de M. Champtereux, dont il est à peine le cadet.