— Mon amie, pardonnez-moi, puisque j’ai reconnu que j’étais un abominable égoïste ! Soyez gaie, comme il vous plaît, si cela vous paraît bon. Dispensez votre séduction sans souci de votre exigeant ami qui voudrait vous avoir à lui tout seul. C’est effrayant à quel point je déteste maintenant vous voir dans le monde !
Ce soir, quelle femme suis-je donc pour trouver une sorte de joie à l’entendre me parler ainsi ?
Du moins je ne lui en laisse rien voir, et, taquine de nouveau, je riposte :
— C’est que je vous ai donné de mauvaises habitudes à vous recevoir souvent, en mon « particulier »… Ah ! il est temps que je parte !
— Que vous partiez ?… C’est vrai, vous partez…
— Mais vous aussi !… Ne m’avez-vous pas dit que vous étiez attendu en Dauphiné ?
Il pense sûrement à autre chose qu’à sa réponse qui tombe distraite :
— Très exact, oui, je vais quitter Paris. Votre départ est prochain ?
— Oh ! oui, heureusement ! Dans quinze jours, je serai dans l’Engadine, je l’espère bien !
— De quel ton ravi vous dites cela !