J’ai répondu, ce matin, par un bleu :
A six heures, ce soir, votre amie sera rentrée, pour vous. Êtes-vous content, terrible exigeant… Ne prenez pas ce dernier qualificatif pour un reproche. Parce que je suis très franche, j’avoue qu’il me semble bon que quelqu’un tienne un peu à moi… Et je vous le confie… Vous l’avez bien mérité, mon ami…
Quand je suis rentrée, retardée par de fastidieuses courses de la dernière heure, il était là, m’attendant.
Sans ôter mon chapeau, je suis entrée dans le salon, tout assombri par une grosse pluie qui épandait un peu de fraîcheur dans l’air surchauffé.
J’ai coulé un regard vers la pendule. Elle marquait six heures et demie.
— Vous devez me trouver une personne bien mal élevée d’être aussi peu exacte à un rendez-vous…
— J’ai pensé seulement que les minutes qui fuyaient en votre absence étaient autant de minutes perdues !
Il dit cela très simplement, un fait indiscutable, sa pensée même. Et tout bas, je pense comme lui, depuis que je suis sous son regard. Cette présence qui m’était bienfaisante, il me reste si peu de moments à en sentir le réconfort ! Pourquoi en ai-je stupidement raccourci le nombre, occupée de choses indifférentes ?
Il me demande :
— C’est toujours demain que vous partez ?