— Je vous remercie… beaucoup !… de m’avoir permis d’entrevoir votre home… Les amis sont heureux de savoir où vivent leurs amis…

— Ainsi, quand vous serez au Canada, si vous vous souvenez encore de moi, vous saurez où aller trouver votre amie « d’un jour », comme on dit dans les romances.

Il m’arrête d’un geste impatient.

— Ne soyez pas moqueuse !… Ce n’est pas le jour… Ne me gâtez pas les derniers instants que j’ai à passer près de vous !

— Je n’ai pas envie du tout d’être moqueuse… J’ai le cœur bien trop sombre !… Tout ce qui finit est si mélancolique… Je trouve triste… très triste de vous dire adieu, mon ami…

— Non, pas adieu, au revoir !

Il a jeté les mots avec une sorte d’emportement impérieux. Un geste d’épaules m’échappe.

— A quoi bon se leurrer ?… ne pas voir les choses comme elles sont ?… C’est bien un adieu que nous nous disons aujourd’hui… Même quand, à l’automne, vous viendriez me faire quelques visites, ce ne serait plus comme maintenant…

— Pourquoi ?

— Parce qu’alors… c’est plus que probable… le courant qui nous a rapprochés quelques mois sera interrompu…