Je lui ai tendu mes deux mains, qu’il prend… et garde dans les siennes, si étroitement serrées que leur étreinte semble m’arriver au cœur…
Ah ! que cet homme-là m’eût bien aimée !
Peut-être, comme j’avais rêvé l’amour…
Mais il vient trop tard ! Aussi, il est bon que je parte, — en attendant que lui parte à son tour, et s’en aille loin, très loin…
Je suis bien sincère en songeant cela. Mais une telle détresse m’envahit, avec la sensation ravivée de mon isolement, que j’ai peur d’être lâche devant lui ; et d’instinct, je prie :
— Maintenant, je vous ai dit ce que vous souhaitiez savoir… Laissez-moi… Allez-vous-en pour que je me comporte devant vous en personne correcte… non pas en bébé qui sanglote sans souci du public !
Je dis ces choses… Et dans l’instant même, je sens sur mes joues la brûlure de deux grosses larmes.
Je dégage mes mains restées prisonnières, et les passe sur mon visage. Il les ressaisit aussitôt ; et ses lèvres sèchent… lentement ! les larmes qui les ont mouillées…
Ah ! quel repos et quelle douceur ce serait de ne plus lutter pour retenir le masque qui m’étouffe ! d’avouer ma désespérance infinie, sûre de celui qui m’écoute !…
Mais je murmure simplement, appelant à l’aide tout mon orgueil, si puissant jusqu’alors à me défendre :