Ce matin, en arrivant, je trouve Agnès courroucée contre Hélène qui se tient devant elle, la mine penaude, ses menottes croisées derrière son dos, — attitude de son père tout à fait comique chez elle. Guy, lui aussi, darde sur la petite des regards indignés.

J’interroge :

— Que se passe-t-il donc, Agnès ?

Et aussitôt ; dans son charabia mi-français, mi-anglais, elle explique, sévère :

— Ce petit fille, il est très méchant. Il a mordu un baby de l’hôtel, jusqu’à faire saigner le doigt de lui…

A mon tour, je jette un coup d’œil gros de reproche sur la coupable qui baisse le nez de plus en plus, avec une adorable mine de confusion, l’ombre des cils voilant l’éclair des prunelles. A peine, j’entrevois la petite bouche que contracte l’envie de pleurer. Et je m’écrie, la voix sévère :

— Quelle vilaine fille tu es, Hélène, d’avoir mordu ce baby ! C’est si méchant ! Pourquoi as-tu fait cela ?

Cette fois, elle relève à demi sa délicieuse frimousse, et d’un air tout ensemble contrit et révolté, elle murmure piteusement :

— J’avais faim !

7 août.