— Viva, tu vas être gentille, ne pas faire la sauvage, et tu viendras, avec nous, goûter tantôt. Tous te réclament.

Et j’ai promis, pour échapper à ma pensée. Mes souvenirs me brisent.

Maintenant, j’ai peur des longues courses solitaires que j’adorais.

Autant que je puis, je reste avec mes deux petits, me laissant accaparer par leur naïve tendresse qui m’apaise. Mais j’en suis venue à compter les jours qui me restent à passer avant celui où je pourrai me réfugier auprès de lui !

29 août.

Tantôt, une découverte dont je demeure bouleversée.

Je m’habillais. J’ai voulu rattacher le ruban qui serrait les dentelles sur ma poitrine. Il avait glissé contre la peau. Comme je cherchais à en saisir l’extrémité, mes doigts ont frôlé ma gorge nue… Et brusquement, j’ai oublié ruban, dentelle, tout… tout ce qui n’était pas un point, une invisible grosseur que ma main venait de rencontrer pour la première fois.

Le cœur soudain battant très vite, j’ai palpé… Sous la peau, qui a toujours sa pâleur nacrée, il y avait, certainement, quelque chose d’étrange, de mystérieux, — non point douloureux.

Devant la glace, dans la pleine lumière, j’ai observé mes deux seins. Ils sont pareils, fermes, ronds… La chair rosée à peine, sur le réseau léger des veines…

Qu’est-ce que j’ai ?… Quel mal inconnu dont l’œuvre jusqu’ici aurait été de me rendre plus mince encore ?…