— Au sujet de votre mari ?
Les mots sûrement lui avaient échappé, avant que sa volonté les eût arrêtés.
— Non, pas au sujet de mon mari. Plus tard, vous saurez, mon ami, mon ami unique… Aujourd’hui, laissez-moi pleurer un instant… Ensuite, vous m’aiderez à oublier jusqu’au jour où je pourrai vous dire ce qui m’a… bouleversée. Vous ne m’en voulez pas, n’est-ce pas, de mon silence ?… Oh ! Jacques, ne soyez pas fâché contre moi !
— Être fâché contre vous ! mon pauvre amour. Quelle folle idée ! ma précieuse petite chérie… Vous parlerez quand vous voudrez, quand vous jugerez devoir le faire… Calmez-vous, mon aimée…
Oui, je me calmais. Le sceau s’appuyait sur ma bouche. Je me suis redressée. J’ai glissé les doigts dans mes cheveux tout froissés, et tamponné mon mouchoir sur mes yeux brûlants. J’ai dit, avec une ombre de sourire :
— Jacques, ne me regardez pas, je dois être affreuse !…
A tout prix, maintenant, je veux qu’il ne me voie plus que jolie, afin de lui laisser un bon souvenir…
Il a un peu souri, lui aussi, mais sans gaîté ; et je devinais la question anxieuse qui palpitait en lui, à laquelle je m’interdisais de répondre.
— Allons, cela va mieux, puisque la coquetterie reparaît !
Devant la glace, je promenais la houpette de ma boîte de poudre sur mes joues meurtries par les larmes.