Consentira-t-il tout de suite ? Tel que je le connais, j’en doute.
Justement, hier, Jacques m’a demandé, tout à coup, quand je verrais l’avocat pour préparer mon procès.
Mon procès… Peut-être ne serai-je plus vivante au jour où il pourrait commencer ! J’ai serré mes lèvres pour ne pas prononcer des mots irréparables ; puis, j’ai répondu, très naturelle, qu’en ce moment, le Palais étant en congé, il me fallait attendre un peu, bon gré mal gré…
— Quand vous ne serez plus là, mon Jacques, je m’occuperai des odieuses choses !…
S’il avait su à quoi je pensais, en parlant d’odieuses choses !…
— … Mais il nous reste si peu de jours à passer l’un près de l’autre qu’il ne faut pas en gaspiller une parcelle, mon ami chéri…
Nous étions seuls, par hasard, dans une allée écartée du parc, mon bras glissé sous le sien. Il a porté mes doigts sous ses lèvres et a répliqué, avec une pointe de malice :
— Vous saurez bien vous débrouiller devant les hommes de loi, madame ?
— Oui, très bien, monsieur le sceptique. Et puis, père m’aidera, s’il est nécessaire.
— Bien alors, mon amour, je suis tranquille !