Guy, agenouillé sur le tapis, dispose les wagons, règle l’allure du convoi. Hélène, sa tête bouclée penchée sur l’épaule, les mains croisées derrière le dos, suit les allées et venues de son frère, tenue à distance par son ordre péremptoire devant lequel sa petite volonté n’a pas osé regimber.
Hélène trépigne de joie. Guy a des yeux de mère poule contemplant son poussin qui s’éloigne.
Le petit train, lanternes allumées, file sur la longueur des rails, passe sous les tunnels, devant la gare minuscule… Puis, soudain, comme pour railler notre attention admirative, il s’arrête court.
Guy jette un cri d’émoi et interpelle le coupable :
— Mais va donc ! Va donc !… Il ne faut pas t’arrêter !
Naturellement, le petit train reste insensible à ces objurgations. Hélène a l’air terrifié et répète :
— Oh ! Guy, je ne lui ai rien fait, tu sais, rien du tout !
Mais Guy ne l’entend même pas. Il a une mine malheureuse, secoue les wagons, la machine, se livre bravement à des tentatives inutiles contre la panne qui s’obstine.
Alors, avec la foi adorable des petits, il me demande :
— S’il vous plaît, tante, faites marcher le train !