Le regard perspicace de père a cherché le mien qui erre sur les belles pelouses veloutées. Je sens qu’il scrute mon visage.

Après un silence, il reprend :

— Il m’a semblé, Viva, t’apercevoir hier, à Paris, avec Meillane ?

— C’est possible… Je suis, en effet, sortie avec lui…

Père ne répond pas et mordille sa moustache.

Immobile dans mon fauteuil, la tête renversée sur le dossier, j’attends, indifférente, des paroles que je pressens. Tout m’est si égal, de ce qu’on peut penser et dire ! Dans quelques semaines, je serai hors du monde.

Je ne tourne même pas la tête quand la voix de père s’élève de nouveau :

— Écoute, Viva, tu sais, par expérience, combien je respecte ta liberté d’action. Mais je dois cependant te dire quelque chose… Tu m’inquiètes, ma petite fille chérie.

— En quoi, père ?

— Parce que… parce que je crains que tu ne te laisses, en ce moment, entraîner dans une aventure sans issue… du moins, sans issue satisfaisante… Et si le mal n’est déjà fait, je te crie : « Casse-cou !… »