Et cependant, je me suis écartée de sa poitrine et j’ai dit :

— C’est vrai. J’ai tort !… Pardonnez-moi, bien-aimé.

24 septembre.

Mauvaise matinée. Une dépêche de Robert, arrivé au Havre. Et le départ de mes deux « petits », que Marinette est venue me reprendre… J’en ai le cœur lourd de regrets et de larmes.

25 septembre.

A la fin de l’après-midi, le curé de Saint-Léger s’est présenté pour une quête. J’étais seule, sur ma chaise longue, des livres près de moi, mon ouvrage tombé sur mes genoux ; car je songeais à tant de choses que nous avions dites ce matin, lui et moi, pendant notre promenade dans la forêt, — souvenirs, pensées, projets, espoirs qui mêlent étroitement nos deux vies…

La visite imprévue m’a rejetée sur terre. Je me suis correctement redressée ; et j’ai voulu faire approcher mon visiteur de la flambée que j’avais fait allumer, avide de lumière, par cette journée noyée dans une pluie fine.

Mais il a refusé, dissimulant sous sa soutane ses lourdes chaussures boueuses.

Il avait un air d’homme très intimidé. Pour le mettre à l’aise, après qu’il m’avait gauchement présenté sa requête, je lui ai parlé de sa cure, du bien qu’il espérait y faire.

Et aussitôt son embarras a disparu. J’ai retrouvé l’apôtre qui, en chaire, un dimanche, enseignait la puissance du sacrifice, l’apôtre qui, sûrement, pratique ce qu’il enseigne.